Projet en collaboration avec la réserve naturelle de la Baie de Saint-Brieuc
Exposition photographique de Stéphanie Pommeret
Exposition présentée à :
BIENALSUR, Biennale d’art contemporain en Amérique du Sud, 2019, Août 2023, et Mai 2024
- Centro Cultural El Parque de España, à Rosario
- Centro Cultural Banco do Brasil à Brasilia, São Paulo et Rio de Janeiro
Soutenue notamment par l'UNESCO, la Fundacion Foro del Sur et UNTREF Universidad Nacional de Tres de Febrero.
- La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc
- RÉSIA (Réseau Éducation Solidarités Internationales Armor)
- Le Grand Pré, centre culturel de Langueux
- Le Dôme, centre culturel de Saint Avé
- L’Image Qui Parle à Paimpol
Migrer, c’est étymologiquement « passer d’un lieu à un autre », que ce soit pour un voyage période qui revient toujours au point de départ, ou un voyage sans retour. Et l’espèce humaine, comme toutes ses consœurs, n’a eu de cesse de bouger, de se déplacer, de voyager, de migrer, tout au long de son histoire depuis son origine africaine il y a presque 2 millions d'années. Les premiers humains ont migré pour des raisons multiples, tels que le changement climatique, l'approvisionnement alimentaire ou peut-être juste pour découvrir de nouveaux horizons.... Peu importe les motivations, car depuis l’origine de la vie sur terre, nous sommes tous des migrants. Ainsi « les néandertaliens et homo sapiens arrivés en Europe étaient des migrants et se sont mélangés pour faire de nous des métis originels. » écrivait Edgar Morin.
Que l’on soit un émigré d’un côté de la frontière ou un immigré de l’autre, tout cela n’a pas vraiment de sens. Les migrations sont non seulement indispensables à la survie de l’individu mais aussi pour le maintien de l’espèce sur le long terme. Car une espèce qui ne peut plus se déplacer, qui est limité géographiquement - on parle alors d’endémisme -, est fortement menacée par le moindre changement des conditions de vie sur le site, et risque de disparaitre très rapidement. L’une des richesses de la baie de Saint-Brieuc ne provient- elle pas de ses oiseaux qui ont émigrés des contrées nordiques pour immigrer en Bretagne ?
Alain Ponsero
Conservateur
Directeur de la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc
Migration !
Le terme parle des oiseaux comme des humains. On passe d’un lieu à l’autre. D’un pays à l’autre. Pour les oiseaux ce n’est un voyage sans retour, au contraire c’est un cycle. Pour l’humain, le retour n’est pas toujours le cycle du voyage, mais il peut l’être. Volontaire ou contraint. On migre pour nourrir sa famille, pour trouver du travail ou faire des études, fuir une dictature ou un système d’oppression. Partir par amour, arriver par désir. Face à la guerre, aussi, une crise climatique ou une société intolérante. Pour les oiseaux c’est le climat qui est le moteur, et le cycle de la vie. Comme dans la baie de Saint-Brieuc où les oiseaux viennent du grand nord. Pour l’humain, c’est le déséquilibre entre les nations qui déclenche le départ.
Mais la migration n’est jamais neutre, elle nous parle d’accueil, de rupture, d’intégration, de culture, d’identité aussi et, en fin de compte, d’acceptation. C’est un processus complexe, où il faut être deux — celui qui accueille et celui qui arrive — pour que le processus fonctionne. La migration n’est jamais superficielle, elle est un acte majeur, qui parle de déracinement et d’intégration. Elle nous parle de la vie. Nous regardons passer les oiseaux, nous commençons à peine à regarder venir les humains.
Pascal Blanchard
historien
chercheur-associé au CRHIM à Lausanne
Faire se croiser écologie, préservation de la nature et art permet un dialogue d’idées qui vont au-delà des cultures. Ces mondes ont à s’apporter, et ouvrent ainsi le champ des possibles pour activer un nouvel imaginaire de collaboration. Je place la rencontre au cœur de ma pratique. Découvrir le monde de l’autre, apercevoir son savoir, sentir sa sensibilité déclenche un nouveau regard sur mon horizon. Marchons, prenons le temps de voir. Les oiseaux nous apportent un éclairage singulier sur nous-mêmes.
Ce projet, avec la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc, enrichit ma création. Les photographies d’Alain Ponsero sont issues d’une longue observation passionnée. Ces photographies naturalistes, je les métisse avec mon regard artistique. Comme un sample en musique, je me réapproprie ces photographies, et cherche à révéler une vision poétique.
Stéphanie Pommeret